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11.02.2008
Du côté de chez Swann
Marcel Proust est né le 10 juillet 1871 à Auteuil. Sa mère, fille d'un agent de change juif d'origine alsacienne, lui apporte une culture riche et profonde, et lui voue une affection parfois envahissante. Son père, Adrien Proust, fils d'un commerçant d'Illiers professeur à la faculté de Médecine de Paris après avoir commencé ses études au séminaire, est le premier grand hygiéniste français, conseiller du gouvernement pour la lutte contre les épidémies. Un soir qu'Adrien Proust rentre chez lui, une balle tirée par un insurgé l'atteint à la jambe. Jeanne, en apprenant cet événement, est saisie d'une telle frayeur que l'enfant qu'elle met au monde le 10 juillet suivant en portera les stigmates toute sa vie. Caillebotte et peut-être l'ambiance de Combray. Marcel est fragile et le printemps devient pour lui la plus pénible des saisons : les pollens libérés par les fleurs dans les premiers beaux jours provoquent chez lui de violentes crises d'asthme. À neuf ans, alors qu'il rentre d'une promenade au Bois de Boulogne avec ses parents, il étouffe, sa respiration ne revient pas. Son père le voit mourir. Un ultime sursaut le sauve. Voilà maintenant la menace qui plane sur l'enfant, et sur l'homme plus tard : la mort peut le saisir dès le retour du printemps, à la fin d'une promenade, n'importe quand, si une crise d'asthme est trop forte. Après des études au lycée Condorcet, au cours desquelles il se lie avec Jacques Bizet, le fils du compositeur Georges Bizet, et avec Lucien Daudet, fils du romancier Alphonse Daudet, il devance l’appel sous les drapeaux et accomplit son service militaire à Orléans, au 76e régiment d'infanterie. Rendu à la vie civile, il suit à l’École libre des sciences politiques les cours d’Albert Sorel (qui le juge « pas intelligent » lors de son oral de sortie) et d'Anatole Leroy-Beaulieu ; à la Sorbonne ceux d'Henri Bergson, son oncle par alliance, au mariage duquel il sera garçon d'honneur et dont l’influence sur son œuvre a été parfois jugée importante, ce dont Proust s'est toujours défendu. En 1894, il publie Les Plaisirs et les Jours, un recueil de poèmes en prose, portraits et nouvelles dans un style fin de siècle où son art se montre plein de promesses. Illustré par Madeleine Lemaire, dont Proust fréquente le salon avec son ami le compositeur Reynaldo Hahn, le livre passe à peu près inaperçu et la critique l'accueille avec sévérité - notamment l'écrivain Jean Lorrain, réputé pour la férocité de ses jugements. Il en dit tant de mal qu'il se retrouve au petit matin sur un pré, un pistolet à la main. Face à lui, également un pistolet à la main : Marcel Proust. Tout se termine sans blessures, mais non sans tristesse pour l'auteur débutant. Ce livre vaut à Proust une réputation de mondain dilettante qui ne se dissipera qu'après la publication des premiers tomes de À la recherche du temps perdu.
Petit extrait de : Du côté de chez Swann pour vous donnez envie de le lire.
Du côté de chez Swann A Combray, tous les jours dès la fin de l'après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit, et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand'mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l'air trop malheureux, de me donner une lanterne magique dont, en attendant l'heure du dîner, on coiffait ma lampe; et, à l'instar des premiers architectes et maîtres verriers de l'âge gothique, elle subsitituait à l'opacité des murs d'impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. Mais ma tristesse n'en était qu'accrue, parce que rien que le changement d'éclairage détruisait l'habitude que j'avais de ma chambre et grâce à quoi, sauf le supplice du coucher, elle m'était devenue supportable. Maintenant je ne la reconnaissais plus et j'étais inquiet, comme dans une chambre d'hôtel ou de "chalet" où je fusse arrivé pour la première fois en descendant de chemin de fer.
08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Waouh !!! je suis pourtant literraire mais là, j'ai pas aimé ce bouquin.... peut être parce qu'il a fallu l'étudier en cours ....
Bonne semaine
Ecrit par : passion de tout | 11.02.2008
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